Francis Pâquet

Francis Pâquet peint depuis plus de trente ans.  

Un peintre d’instinct d’abord fasciné par la figure humaine. Usant d’un réalisme probant et plus académique dans les premières années, le geste se délie au fil du temps, laissant place à une liberté de mouvement et une approche sensitive qui sied aujourd’hui aux limites de l’abstraction. Un moyen pour l’artiste d’y insuffler une intention par-delà l’image même. Telle une trace, le corps, jadis masse, s’effile et se résume à quelques traits tirés et qui renvoient à une idée de celui-ci. L’idée d’un corps sans âge et sans nom mais qui évoque ses multiples failles et toute une série d’affects qui s’y rattachent. 

S’inspirant d’autres médiums de création – notamment la danse contemporaine – où Pâquet nourrit son univers créatif, le mouvement mis de l’avant dans son œuvre est décomplexé de tout référent et nous plonge dans les profondeurs et distorsions qu’il parvient à incarner.  

Une sorte de vecteur par lequel s’expose un chaos (dont l’artiste s’assure de contrôler le moindre coup de pinceau) à la fois grave et ludique. Se jouant, vous l’aurez compris, des oppositions qu’impose toute rhétorique, on s’amuse ici à conjuguer les codes. Tout devient glauque et lumineux, sobre et exubérant. Et tout devient forcément assujetti aux enclaves de la perception.     

Actionnées, muées en mouvement, les formes dansent, sautent et éclaboussent les inquiétudes de l’individu dans son environnement. Sous nos yeux, les théories se bousculent et s’entrechoquent dans un appel à défier l’immuable. Et le corps-sujet semble glisser vers sa propre abnégation. Soumis à une érosion lente, il se dissout peu à peu. Et de cette dissolution du perceptible naît une nouvelle sensation d’épurement.  

Une fresque soutenue par une palette de couleur qui mise sur la puissance d’un pigment quasi-pur. Des environnements souvent éthérés, où le sujet semble en apesanteur. A un fil du néant, du grand vide, qui nous rappelle son immensité infinie. Et l’abjecte impuissance de l’être qui s’y déploie tant bien que mal.

Peintre du sensible, Pâquet laisse la couleur s’inscrire dans son travail comme l’érosion de la marée sur le roc du fleuve et des montagnes de son enfance – comme l’automne sur la vallée de la Matapédia où il a grandit.

Mais avant tout, Francis Pâquet peint à la croisée des mondes. Dans un acte viscéral qui s’affranchit des conventions. Dans la foudre et la lumière.    

Stéfane Campbell   




J'ai étudié...

- Technique de l'informatique au CÉGEP du Vieux-Montréal, 1997 - 2000.
- Certificat en Arts-Visuels à l'Université Laval, 1985 - 1986.
- DEC en Arts-Visuels au Collège de Matane, 1983 - 1985.

 

© Copyright Francis Pâquet, 2010-2016